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ENTRETIEN AVEC MONSIEUR
ALBOURY NDIAYE PRESIDENT DE LA FEDERATION NATIONALE
DES OFFICES DU TOURISME - SYNDICATS D’INITIATIVES

Propos recueillis par Siaka NDONG et parus dans le Soleil du 10 août 2004,
en page 4.
Mr Ndiaye, dans le cadre d’une réunion de la Fédération Nationale, les présidents de Syndicats d’Initiative du Sénégal se sont penchés sur l’élaboration du produit touristique à Saint-Louis.
Quelle est l’originalité de la démarche entreprise dans cette région ?
                Toute politique de développement touristique doit être précédée d’un inventaire précis des potentialités de la zone, c’est au terme de ce travail préalable et de son interprétation qu’il peut être permis de prendre position sur la forme de tourisme à développer.






                L’élaboration d’une politique touristique ne consiste pas seulement à accrocher un grand hôtel en bordure d’une plage et à affréter des avions. Cette forme de tourisme majoritairement admise au Sénégal comme base de notre développement touristique est loin d’être la seule alternative possible. Son développement au Sénégal s’explique par la beauté de certains de nos plages et notre exceptionnel taux d’ensoleillement. Mais autour du balnéaire s’exerce une concurrence particulièrement vive sur les marchés émetteurs.
La démarche à Saint-Louis à consisté à construire un produit touristique autour des potentialités qui distinguent Saint-Louis des autres villes et des autres régions. L’originalité de Saint-Louis réside également dans la forte implication des professionnels du tourisme dans l’élaboration mais également dans la mise en œuvre de la politique touristique. Seul un développement intégré (y compris pour l’économie touristique) permet d’en espérer une durabilité.

Quelles sont les potentialités de Saint-Louis dont vous parlez ?

Nous avons bâti le produit touristique de Saint-Louis autour de trois éléments de patrimoine.
Le patrimoine architectural représenté par les maisons de Signares à balcons, les maisons basses portugaises de l’Ile de Saint-Louis, maisons de commerces liées à l’activité  commerçante  durant la colonisation, les forts, contre forts construits le long du fleuve Sénégal qui ont accompagné  la politique de domination de cette partie de l’Afrique, les mosquées Omariennes qui témoignent de l’activité islamique de cette période mais également la forte résistance à la politique de colonisation.
Le patrimoine naturel dont les principales composantes sont le parc de Djoudj et le parc de la langue de barbarie.
Et enfin le patrimoine culturel constitué des legs des différents modes de vies résultant de plusieurs rencontres et ruptures qui se sont opérées à Saint- Louis ancien comme le Fanal ou plus récent comme le Festival international de Jazz.
Le tourisme se nourrit de ces différents patrimoines dont la valorisation détermine le positionnement comme tourisme de découvertes.
En quoi consiste la valorisation du patrimoine architectural ?
Le patrimoine architectural est l’âme de Saint-louis en ce sens qu’il restitue éloquemment toute l’histoire de cette ville faite de rencontres, de brassages et de métissages. Chaque bâtiment conserve les manières de vivre des différentes périodes et révèle au présent l’identité des passés successifs à la rencontre desquels des milliers d’hommes sont intéressés.
Ces bâtiments sont construits avec des matériaux spécifiques et des techniques particulièrement élaborées qu’il convient de respecter et faire respecter pour garder jalousement l’âme de cette ville qui ne ressemble à aucune autre ni au Sénégal ni ailleurs en Afrique. C’est dans ce sens que le combat pour la défense du patrimoine et la volonté de développer le tourisme se rejoignent. La valorisation du patrimoine nourrit l’activité touristique et inversement le tourisme doit inciter à la préservation des patrimoines et peut redonner une pratique sociale à des bâtiments et à des évènements délaissés du fait de la disparition des modes de vie passés.

Quels sont les actes posés par vous pour la valorisation des parcs du Djoudj et de la langue de barbarie.

Nous avons toujours bénéficié d’un cadre d’intervention très attractif mis en place par la direction des parcs nationaux ; Les différents conservateurs ont toujours privilégié la démarche participative avec une volonté affirmée d’associer les populations à la gestion des parcs. Sur le Djoudj, notre première préoccupation était de créer et d’assurer à ces populations riveraines du parc des revenus et des emplois. Pour ce faire, nous avons crée avec l’appui de la région Nord-Pas-de-Calais une salle d’exposition des produits artisanaux des villages voisins et incité les différents guides à la faire découvrir aux touristes. Nous nous sommes également retirés de l’organisation et de la vente d’excursions au profit des villageois leur assurant ainsi des revenus conséquents. Cette implication des populations par la création d’emplois et de revenus a motivé la détermination des villageois à s’approprier du Djoudj. Ils participent à toutes les initiatives tendant à sa défense et à sa valorisation.
Cette démarche est également valable pour la langue de barbarie et la réserve de Guembeul.

En ce qui concerne le patrimoine culturel.
Nous évoluons dans le cadre d’une culture fortement marquée par la tradition orale qui accentue les possibilités de déperdition d’élément de patrimoine. Pour atténuer ce risque nous avons procédé à un large inventaire des mythes, légendes, traditions orales, savoir-faire et savoir-être en interrogeant plusieurs personnes détentrices ou dépositaires de ces éléments. Ces richesses sont conservées dans des cassettes et retranscrites dans un document que nous avons intitulé  « Mythes et légendes dans la région de Saint-Louis ». Cette même démarche à été utilisée pour retrouver les paroles d’origine des chants de fanal ainsi que les techniques traditionnelles des pêcheurs Tioubalos du Fouta .
L’organisation du festival de jazz participe de cette même logique.

Cette logique a-t-elle été soutenue par les autorités ?

L’originalité de Saint-Louis réside dans l’implication des différentes composantes de la société dans l’accompagnement du développement touristique. Le privé a certes été la colonne vertébrale de l’instrument qu’est le syndicat d’initiatives et de tourisme, mais le soutien de la municipalité de Saint- Louis n’a jamais fait défaut. Les différents partenaires au développement dont les plus importants sont la Coopération Française et la région Nord-Pas-de- Calais et appuient une structure qui a une claire conscience de ses objectifs et défend avec fermeté les intérêt de sa ville et de sa région.

Mr Ndiaye : Vous semblez récuser le balnéaire.

Absolument pas, lorsqu’un pays dispose d’atouts comme ceux du Sénégal avec des kilomètres de plage et un ensoleillement presque permanent, il doit promouvoir le balnéaire mais pas exclusivement. Le tourisme doit se nourrir des patrimoines, participer à leur préservation, à leur valorisation afin de pouvoir jouer son rôle entraînant sur les autres branches de l’économie. Et le littoral est partie intégrante de notre patrimoine naturel qu’il convient par conséquent d’aménager intelligemment et harmonieusement.
En fait, jusqu’à présent le développement de l’activité touristique s’est appuyé sur des infrastructures et des équipement en oubliant le produit. Il nous faut aujourd’hui replacer le produit au cœur du développement touristique, dans un sens intégré, donc durable.
L’activité touristique doit servir de marché naturel aux PME/PMI du pays, établir avec elles un pacte d’expansion mutuelle. une absence de connexion entre eux entraîne nécessairement un accroissement non maîtrisé des importations indispensables à la satisfaction des besoins créés par l’activité touristique.
Mr Ndiaye, la Fédération que vous présidez veut mettre en place une brochure de promotion des terroirs ainsi qu’un CD Rom d’images du Sénégal. Pourquoi ?
En ce qui concerne le CDRom, la décision fait suite à un constat réel, il y avait un manque criard d’images de qualité libres de droits. Les professionnels du tourisme, les agences de voyages, les hôteliers ainsi que les journalistes ont toujours été confrontés à cette difficulté lors de la réalisation de leur documents de travail. La fédération souhaite combler en partie cette lacune en mettant à disposition cet important outil de travail.
Quant à la brochure, elle est la traduction de la solidarité de tous les syndicats d’initiatives membres de la fédération, elle témoigne également de notre volonté de promouvoir la destination Sénégal à travers ses terroirs.

Quelle est la méthodologie utilisée pour arbitrer le choix des zones, sites et messages retenus ?
Nous avons choisi un partenaire dont l’expertise en la matière est avérée, et qui nous a proposé une pré-maquette. Chaque S.I. a présenté en quelques lignes le terroir qu’il anime et dans une réunion à Saly regroupant tous les présidents des S.I., l’expert, le photographe, le responsable du bureau du tourisme à Paris et la coopération française, nous avons élaboré ensemble, région par région, l’architecture de la brochure ainsi que son contenu. Chaque président à tenté de faire ressortir les thèmes forts de son terroir.

C’est la première fois qu’à l’initiative du privé, deux outils de promotion sont élaborés en association avec l’Etat et les partenaires au développement.

                Pouvez vous nous donner quelques exemples ?
                Le Sine-Saloum a retenu la lutte, la pêche artisanale et l’habitat. En plus d’être une activité sportive, la lutte représente dans cette zone un fort lien social entre tous ces villages et contribue à entretenir autour d’elle plusieurs pratiques ancestrales. La lutte intègre dans le processus de son organisation la préservation de la musique traditionnelle, car les chants et la rythmique des tams- tams accompagnent les prouesses des lutteurs serére. La pêche en pays niominka s’appuie encore sur des techniques lointaines et révèle le véritable lien entre l’homme et son milieu. Les modes de vie de ces hommes liés intimement à la mer témoignent un rapport particulier à la nature.
                Les villages serère organisés autour d’une succession de concessions révèlent on ne peut mieux l’organisation sociale de ces hommes et leurs liens si singuliers avec leur milieu d’évolution.
                La région de Tamba a insisté sur la faune, les habitations et les rites des villages bassari, c’est-à-dire l’authenticité d’un riche terroir insuffisamment exploité.
                Nous avons tous mesuré en mettant en place la brochure la richesse et la diversité culturelle du Sénégal au point que la décision à été prise de pousser chaque S.I. à accentuer, approfondir le processus d’identification et d’inventaire des patrimoines dans leur zone d’implantation.
                Le Sénégal est  riche de sa diversité culturelle car  différentes cultures se rencontrent, cohabitent, dialoguent mais jamais ne se rejettent. C’est autour de cette pluralité culturelle que nous devons bâtir la diversité du produit touristique du Sénégal.

                Ces initiatives prises dans le domaine de la promotion expliquent-elles un éloignement de la tutelle du ministère du tourisme ? 
Pas du tout, nous avons associé le représentant du bureau du tourisme à Paris à l’élaboration de la brochure car il est gros consommateur de ce type de document mais en plus il est celui qui reçoit le plus les suggestions et critiques de nos partenaires ( journalistes spécialistes, T.O et agences de voyages ).
Nous avons préféré l’associer en amont afin de bénéficier de son expérience et de son savoir-faire en la matière. Nous ne sommes ni derrière ni en face de l’Etat, nous sommes à ses côtés occupant un champs que personne d’autre que nous n’occupe et mobilisant chaque fois que de besoin des expertises avérées pour répondre à nos préoccupations.
Cette phrase de l’auteur «Marcher séparément et frapper ensemble » explique bien nos relations avec l’Etat. Nous avons l’ambition de participer au développement du tourisme sénégalais en faisant ressortir dans chacun de terroirs notre identité personnelle. C’est d’une légitimité incontestable.

Nous avons appris qu’il y a de nouvelles adhésions à votre fédération. Comment expliquez vous cet élan ?
D’abord parce que plusieurs régions n’ayant pas accès au front de mer se croyaient à tord exclus du processus de construction du tourisme sénégalais.
Saint-Louis a fait des pas importants dans le développement du tourisme sur de nouvelles thématiques. Et ensuite parce qu’avec la décentralisation, plusieurs collectivités locales commencent à comprendre que les leviers nécessaires au développement du tourisme sont aujourd’hui transférés. Elles attendent donc de la fédération qu’elle puisse identifier des compétences et des expertises à mettre à leur disposition pour les aider à asseoir les bases de construction du tourisme de leur région car le tourisme ne saurait s’éloigner durablement du milieu qui l’alimente et le porte.

Vous semblez donner au tourisme un rôle d’agent intégrateur.
Le tourisme est avant tout une activité appelée à avoir des effets induits inestimables sur l’ensemble de l’économie. Le rôle d’intégration qu’il peut jouer, surtout dans le cadre du NEPAD n’est pas discutable. Le Sénégal, la Mauritanie et le Mali partagent un patrimoine fort : le fleuve Sénégal, autour duquel on peut bâtir un tourisme fluvial très prisé actuellement sur les marchés.
Entre la Guinée et la Sénégal se trouve le parc du Niokolo-Badiar dont la valorisation touristique améliorera certainement notre offre. Notre tourisme doit pouvoir jouer son rôle entraînant, mais également assumer pleinement une mission d’intégration économique de la sous-région
  
INTERVIEW Avec:     graphic
M. Alboury NDIAYE
Président de la Fédération Nationale
des Offices de Tourisme et Syndicats d'initiative
du Sénégal (FNOTSIS)



Question : Vous venez de porter sur les fonts baptismaux la Fédération Nationale des Offices de Tourisme et Syndicats d’Initiative du Sénégal, quelles en sont les raisons ?

M. Ndiaye : Depuis plus de dix ans, des professionnels du tourisme s’activent dans les différentes zones touristiques du Sénégal pour bâtir le tourisme national, le structurer, en un mot lui donner une identité. Le temps est venu de rassembler nos compétences, nos expériences mais aussi notre envie de participer de façon plus concertée, plus coordonnée au développement du tourisme sénégalais.

Question : Pourquoi précisément en 2004 ?

M. Ndiaye : L’Etat sénégalais a toujours gardé son héritage de l’Etat jacobin. Ce qui explique les relations souvent difficiles entre les syndicats d’initiative et de tourisme qui, par essence sont des associations indépendantes et les ministres du tourisme successifs. L’actuel ministre du tourisme nous a reçu pour nous exprimer son soutien pour les initiatives que nous prenons. Il nous a également confié son envie de nous voir plus impliqués dans le processus de construction du tourisme.
Quant à la fédération nationale, plusieurs d’entre nous désiraient la mettre sur pied depuis longtemps, nous avons estimé que le moment était venu.

Question: Il existe des associations nationales comme le Syndicat Patronal de l’Industrie Hôtelière du Sénégal (SPIHS) et le Syndicat National des Agences de Voyages (SNAV), pourquoi en créer une autre ?

M. Ndiaye : Ces organisations sont des syndicats patronaux. C’est-à-dire des instruments de défense des intérêts exclusifs de leurs membres, de leur corporation ; elles sont affiliées au Patronat et siégent en tant que tel dans les négociations entre partenaires sociaux.

Par contre, les syndicats d’initiative et offices de tourisme sont des instruments de développement qui associent dans la même structure tous les acteurs impliqués  directement dans le procès de production de l’offre touristique (hôteliers, restaurateurs, guides, agents de voyages, artisans, etc. ) ainsi que  ceux qui sont intéressés par ses effets induits (commerçants, transporteurs, …).
En tant qu’instruments de développement, ils sont impliqués dans les politiques des collectivités territoriales et municipales pour le compte desquelles ils assument certaines  missions de service public.





Question : Lesquelles ?

M. Ndiaye : Si le tourisme ne fait pas partie des compétences transférées, une bonne partie des leviers nécessaires à son développement le sont ( la gestion du foncier, l’accueil, la culture, l’environnement). Dans tous les pays du monde, l’organisation de l’accueil relève de la municipalité. Dans certaines villes du Sénégal, nos membres l’assument avec bonheur pour le compte des collectivités locales.
L’implication dans la promotion par la participation aux salons et foires et l’édition de matériel de promotion adapté aux besoins spécifiques de la région ciblée font partie des missions qui mobilisent nos membres. La sensibilisation au fait touristique ainsi que la participation à la création de l’événementiel qui porte l’image d’une ville (exemple du festival de jazz de St- Louis) représentent pour nous une préoccupation permanente.

Question : Quelle est selon vous la décision la plus importante de vos assises du 9 janvier à Saly ?

M. Ndiaye : En dehors du fait d’avoir décidé à l’unanimité la création de cette fédération tant désirée, c’est d’avoir inscrit dans notre acte fondateur notre détermination à défendre tous les patrimoines, qu’ils soient naturel, bâti ou immatériel. La valorisation des ressources touristiques doit être rationnelle, rationalisée si nous voulons préserver ces richesses qui représentent un atout remarquable pour le tourisme sénégalais.
Une politique touristique qui n’intègre pas dans ses préoccupations premières l’impérieuse nécessité de défense des fronts de mer, des zones humides, des éco-systémes, de la faune, de la flore en un mot de l’environnement et de la bio-diversité est dangereuse car portant en elle les germes de sa destruction à très court terme.
La défense et la valorisation de notre patrimoine culturel, immatériel revêt également la même importance parce que ces héritages successifs qui nous viennent de très loin  constituent l’âme de notre peuple et nous distinguent des autres. Quel intérêt de visiter un pays qui n’a pas su préserver ses éléments distinctifs ?
Il est évident que le développement durable du tourisme s’accompagne d’une défense sans concession des patrimoines qui constituent son potentiel. Les ressources touristiques ne sont pas extensibles à souhait, elles sont fragiles et méritent par conséquent une attention toute particulière.

Question : Quelles sont les missions de la Fédération Nationale des Offices de Tourisme et Syndicats d’Initiative ?

M. Ndiaye : Elles se résument ainsi :
 représenter ses membres auprès des pouvoirs publics, partenaires au développement et organisations nationales de tourisme ;
Mener des actions tendant à accroître et à améliorer l’activité touristique au Sénégal ;
 Assurer au travers de ses actions médiatiques la notoriété de l’image de son réseau au niveau de l’opinion publique ;
 Conseiller et appuyer les membres de son réseau ;
 Susciter si nécessaire la création de nouveaux offices du tourisme dans des zones dont les potentialités touristiques sont insuffisamment mises en valeur ;
 Garantir la qualité et coordonner les initiatives du réseau ;
 Contribuer à la défense de l’environnement et à la valorisation des patrimoines.



Question : Votre Fédération, est-elle représentative ?

M. Ndiaye : Sont fondateurs de cette fédération les Syndicats d’Initiative issus de de toutes les zones touristiques du Sénégal, à savoir Thiès/saly, Ziguinchor/Cap Skirring, le Saloum, le Lac Rose, Tambacounda, Gorée, Saint-Louis et la région du fleuve.

Question : Ne craignez -vous pas une rivalité entre les différents membres de la Fédération ?

M. Ndiaye : La destination Sénégal est unique même si dans sa composition elle présente des nuances suivant les régions. Cette diversité des produits est un excellent argument de promotion. Chaque région veillera à mettre en exergue ses spécificités tout en n’oubliant pas que l’objectif majeur de la Fédération est de faire venir des visiteurs au Sénégal.
Le Sénégal est riche de sa diversité culturelle et cela peut constituer une motivation supplémentaire de le choisir pour y  passer ses vacances et découvrir des modes de vie  différents.

Question : Pourquoi avoir choisi Saint-Louis comme siége ?

M Ndiaye : C’est parce que Saint-Louis a un peu plus d’expérience que les autres régions dans la mise en place et la gestion d’un office de tourisme.
En plus, les ressources humaines pouvant être mobilisées immédiatement  pour répondre aux besoins de la fédération nationale sont d’ores et déjà disponibles en partie à Saint-Louis.

Question : Le dernier mot pour Saint-Louis ?

M. Ndiaye : Il faut reconnaître que la nature a bien fait son travail à Saint-Louis. Cette ville baignée par le fleuve et la mer est  voisine du désert. Elle est en plus héritière de plusieurs décennies de rencontres et d’échanges qui lui ont légué un fabuleux patrimoine architectural. La nature a été généreuse, nos pères soucieux de nous léguer un riche héritage, c’est maintenant à nous de valoriser et préserver pour les générations futures.  

  

INTERVIEW
Le Ministre français du tourisme
rend visite au Syndicat d’Initiative de St-Louis.

Le 19 novembre 2006,  Monsieur Léon Bertrand et son épouse, accompagnés de Monsieur Ousmane Masseck Ndiaye Ministre du tourisme du Sénégal, se sont rendus au siége du syndicat d’initiative de St-Louis pour une séance de travail . Ils ont été reçus par Monsieur Alboury Ndiaye président de la fédération nationale des offices de tourisme et syndicats d’initiative
( F.N.O.T.S.I.S.).

Entretiens avec Monsieur Léon Bertrand, Ministre français  du tourisme.

Monsieur le Ministre, Quelles sont les raisons de votre visite à St-louis ?
Elles sont nombreuses :
La première, était de donner avec mon ami Ousmane M. Ndiaye Ministre sénégalais du tourisme le départ de la course « Rames Guyane 2006 » .
La deuxième : visiter St-louis cette ville à laquelle je suis tant attaché personnellement et qui partage avec la France une bonne partie d’une histoire que nous avons l’obligation d’assumer ensemble.
Troisièmement, échanger avec les responsables du syndicat d’initiative de St- louis qui ont développé une stratégie de développement d’un tourisme de qualité que l’on voudrait bien mieux découvrir afin de nous en inspirer.
 
Monsieur le Ministre, vous  semblez accorder une importance capitale à la manifestation « Rames Guyane 2006»
Effectivement car le défi sportif est hallucinant, relier St-louis à la Guyane à la rame, vivre deux mois dans l’océan sans escale sans assistance, en solitaire, ce n’est pas à la portée de tout le monde.
Mais au-delà de l’aspect sportif, il y a la signification de ce départ sous le pont Faidherbe symbole de cette Ville comme pour dire que ces sportifs de haut niveau viennent de jeter un pont nouveau entre les fils d’Afrique d’ici et ceux qui ont fait le voyage il y a plusieurs siècles sous la contrainte mais qui ont su pour l’essentiel garder  leurs    traditions et leurs modes de vie. Si le pont Faidherbe relie l’île à Sor, autorise les rencontres successives, cette manifestation, je le souhaite ardemment, occasionnera, facilitera les retrouvailles de ses enfants d’Afrique séparés depuis longtemps.

En quoi cela intéresse un Ministre du tourisme ?
Dans la construction du tourisme moderne, l’événementiel occupe une place importante, il soutient la promotion et porte l’image d’une destination plus qu’aucun autre support. Il suffit de prêter attention à la présence de médiats depuis plusieurs jours  ( TF1, RFI, AITV, ARTE, ………….).

Vous venez d’avoir des entretiens avec les responsables du syndicat d’initiative de St-louis, quelles sont vos impressions ?

Elles sont excellentes, j’avais déjà été informé de la qualité du travail qui y a été produit et comme la ville de Saint Laurent de Maroni présente des similitudes avec St-louis, j’ai voulu avoir avec eux cet entretien pour entrevoir les possibilités d’échanges d’expérience et de savoir –faire sur ces questions.

Doit-on s’attendre sou peu à des accords de partenariats ou de jumelage ?
De notre côté, nous disons tout de suite oui, avec Monsieur Ousmane M. Ndiaye, nous verrons plus tard les modalités pratiques, la forme que vont revêtir nos accords.
Le départ est donné, il nous faut maintenir le cap.

Monsieur Ousmane Masseck Ndiaye Ministre du Tourisme du Sénégal
Je suis doublement honoré par la visite de mon ami Léon Bertrand, Ministre français du tourisme, d’abord par le choix de St- louis pour abriter cette importante manifestation  et ensuite par les liens qui vont s’établir entre nous et nos frères de la Guyane cette autre partie de nous-même.
Nous venons d’assister à une liaison par la mer et le fleuve, il nous faut entrevoir une liaison aérienne qui donnerait un nouvel essor au tourisme.

Quelle est votre lecture de votre séance de travail en compagnie du Ministre du tourisme français ici avec les autorités du syndicat d’initiative de St-louis ?

Un sentiment de fierté de constater qu’ici, une organisation parvient à élaborer et à mettre en œuvre des stratégies de développement dont la qualité est reconnue ailleurs. Il nous faut généraliser cette démarche et cette méthodologie au Sénégal. 

                  

Propos recueillis par 
le service de communication
de la F . N . O . T . S . I . S .
  













Regards sur la société civile de St-Louis.
graphicMonsieur Alboury Ndiaye :
Un militant de la société civile.
« Il n’est point besoin d’être dépositaire de mandats électifs pour avoir un impact sur le cours emprunté par la cité. »
Question : Monsieur Ndiaye, vous êtes membre de plusieurs associations intervenant à Saint-Louis, pouvez-vous les lister ?
Alboury Ndiaye : Il y a d’abord le syndicat d’initiative et de tourisme de Saint-Louis que j’ai présidé pendant 12 ans, l’ARCAS (l’Association pour la Restauration et la Conservation de l’Architecture de Saint-Louis), la FNOTSIS (Fédération Nationale des offices de Tourisme et Syndicats d’Initiatives du Sénégal) et la dernière-née NDART ( Ndar’Art).
Question : Qu’est ce qui explique cette boulimie ?
Alboury  Ndiaye :
J’ai la certitude que la politique n’est pas le seul mode d’organisation pour exprimer et partager sa compréhension  du fonctionnement de la cité et celle de son développement.
Il n’est point besoin d’être mandaté par une formation politique ou d’être dépositaire d’un mandat électif pour marquer le cours de l’évolution de la cité. Les politiques n’ont ni le monopole de l’expertise ni celui de l’envie de participer activement à la gestion des villes. La société civile aussi a sa légitimité.
Question : quelle société civile ?
Alboury Ndiaye :
Ma compréhension de ce vocable n’intègre pas ceux qui, après des tentatives infructueuses, n’ont pu trouver place au sein des partis politiques et qui tentent de se recycler dans le mouvement associatif en voulant l’utiliser comme tremplin et comme porte-voix.
La société civile doit tirer sa légitimité d’une pratique citoyenne assidue souvent en appui aux autorités locales dépositaires du mandat des citoyens.
Question : Pourquoi l’ARCAS et quel est son impact ?
Alboury Ndiaye :
L’ARCAS  a été créée par des hommes et femmes qui ont compris que l’âme de cette ville réside dans son patrimoine architectural qu’il nous faut préserver et valoriser. D’abord parce qu’il constitue l’héritage que nos pères nous ont légué mais aussi parce que notre patrimoine monumental est récent (souvent lié à la colonisation) et il n’est ni riche ni diversifié. Nous n’avions pas pour tradition de construire pour la durée. 
La compréhension que certaines autorités avaient de ces bâtiments de Saint-Louis a considérablement évolué puisque jusqu’à une date récente, l’idée majoritairement partagée était de les démolir pour les remplacer par des constructions dites » modernes ».
A cette époque, nous étions très peu nombreux et  ramions à contre-courant en voulant défendre ces constructions les considérant comme la plus grande richesse de Saint-Louis et de son tourisme.
Grâce en partie au rôle de veille et de sensibilisation du Centre de Recherches et de Documentation de Saint-Louis (CRDS), du syndicat d’initiative et de l’ARCAS,  une prise de conscience nette en faveur de la défense du patrimoine s’est opérée.
Question : Quelle est votre compréhension du patrimoine et sa valorisation ?
Alboury Ndiaye :
Le patrimoine est ce que nous avons  reçu de nos pères et  que nous avons l’obligation de transmettre aux générations futures sans aucune altération.
De cette compréhension découle notre intransigeance dans le respect des matériaux et la configuration des bâtiments. Par exemple pour la restauration du fort de Podor, en accord avec le maître d’ouvrage et le partenaire au développement, nous avons exigé et obtenu la mise à disposition d’un architecte des monuments historiques de France et des compagnons du Tour de France dépositaires d’un savoir-faire introuvable au Sénégal.
La principale difficulté identifiée réside dans le fait que les matériaux utilisés à l’époque (chaux, briques rouges, tuiles mécaniques) ayant été supplantés par d’autres dits « modernes », nos artisans ont en conséquence perdu toute expertise concernant le maniement de ces matériaux.
La problématique du réacheminement ou de la production in- situ  de ces matériaux et le réapprentissage de leur utilisation est au centre de nos réflexions du moment.
Notre compréhension du patrimoine ne procède pas d’un sentiment nostalgique mais plutôt d’une conviction lucide que le patrimoine peut parfaitement constituer un outil de développement durable devant participer à la lutte contre la pauvreté.
Question : Quel autre impact avez-vous sur la ville ?
Alboury Ndiaye :
 J’ai parlé  plus haut de notre rôle de veille qui consiste à sensibiliser sur la nécessité de préserver le  patrimoine.
Notre rôle d’éveil consiste à réaliser avec l’appui de nos partenaires des restaurations de maisons caractéristiques de l’architecture de Saint-Louis  dans le strict respect de la configuration et des matériaux d’origine.
Des maisons ont été restaurées sur l’île de Saint-Louis, le fort de Podor parfaitement restauré, les quais de Podor, le mausolée Ouro Mahdiyou ont fait l’objet d’un relevé architectural , le fort de Médine à Kayes (Mali) est en cours de restauration avec une partie de l’équipe qui avait été mobilisée à Saint-Louis.
Avec la même démarche de respect de l’identité des bâtiments, d’ailleurs notre devise est : « On ne détruit réellement que ce que l’on remplace. »
Question : Quels sont les résultats constatés ?
Alboury Ndiaye :
Une réelle prise de conscience à tous les niveaux de décisions même si l’arsenal juridique et administratif  élaboré  tarde à montrer son efficacité.
 Eu égard au rythme de dégradation, il est particulièrement urgent d’intervenir pour arrêter l’hémorragie et inverser la tendance car la ville commence à être défigurée. Si les constructions dites « modernes »  souvent d’une laideur exécrable prennent le pas sur cet héritage qui distingue  Saint-Louis de toute autre ville d’Afrique, nous aurons failli à notre mission de préparer ce legs  à nos enfants.
Question : Pourquoi utilisez le mot valorisation en ce qui concerne le patrimoine architectural ?
Aboury Ndiaye :
Parce qu’avec le tourisme, ces maisons à balcons, ces entrepôts, forts, contre-forts, une fois correctement restaurés peuvent trouver un nouvel objet social ; qui,  pour abriter un musée, qui une galerie, qui une maison d’hôtes, qui un présentoir de la production artisanale , qui sont autant d’activités capables de générer  des ressources suffisantes pour entretenir de façon pérenne ces édifices.
Il ne suffit pas seulement de restaurer, il faut aussi insérer ces constructions de manière harmonieuse dans le tissu économique afin de refuser le principe de la « ville musée » c’est-à-dire celle qui est rivée à son passé et refuse d’affronter le devenir.
Question : Vous n’êtes pas seul dans ce chantier, des institutions prestigieuses sont mobilisées pour sauver le patrimoine( Unesco , ADC , Lille partenariat etc.)
Alboury Ndiaye :
Heureusement que nous ne sommes plus seuls mais voyez-vous, j’ai le défaut des militants de la société civile, j’ai une profonde aversion contre les grandes « messes » d’où sortent en général d’immenses « usines à gaz » particulièrement difficiles à manager. Je milite  pour la juxtaposition de petits chantiers qui, à terme permettent de changer nettement le visage d’une rue avec l’assentiment des habitants. Faites un tour dans le Nord à la rue Blaise Diagne, c’est le fruit du travail de petites associations, c’est concret, c’est visible, en plus c’est à notre portée. Après chaque chantier, nous apprenons suite aux difficultés rencontrées et surmontées.
Question : Quelle la position actuelle du syndicat d’Initiative de Saint-Louis sur les questions qui interpellent les St- Louisiens sur leur patrimoine ?
Alboury Ndiaye :
Le tourisme de Saint-Louis se nourrissant des patrimoines de cette ville inscrits sur la liste du patrimoine de l’UNESCO (le parc de Djoudj et l’Ile de St-Louis), le syndicat d’initiative ne saurait être insensible  à la défense de tous les éléments du patrimoine qu’ils soient  matériels ou immatériels.
Il ne faut surtout pas oublier que cette association a été la première à se mobiliser pour défense du patrimoine architectural car ayant compris très tôt que la valorisation du patrimoine est un moyen sûr de création d’emplois et de lutte contre la pauvreté.
Question : Pouvez–vous expliciter cette assertion ?
Alboury Ndiaye :
Autour du parcours de visite de l’île s’est créée une économie qui a permis l’émergence de plusieurs métiers (guides, caléchiers, etc.)
Autour du parc de Djoudj également des emplois ont été créés liés au tourisme, à la découverte.
Le syndicat d’initiative de Saint-Louis a su élaborer et mettre en œuvre un projet cohérent de développement d’un tourisme dont les éléments « vendeurs » sont issus du legs de nos pères et de la  position géographique exceptionnelle de cette ville.
Questions : Etes-vous certain que cet héritage doit être exhibé ?
Alboury Ndiaye :
le patrimoine est l’intégralité de ce que nous avons reçu des anciens, l’actif comme le passif, même ce que l’on tente de soustraire maladroitement de la conscience collective.
Saint-Louis  a été incontestablement la tête de pont de grandes aventures humaines (l’histoire des explorateurs, la colonisation, la traite négrière, la pénétration de l’islam en Afrique de l’ouest, l’Aéropostale etc). Ces initiatives ont en partie déterminé le cours de l’histoire de l’humanité.  Le fleuve Sénégal a servi de mode de transport et il en resté ici et là des traces qui constituent aujourd’hui le legs de nos anciens.
Il est difficile de trouver une ville avec une telle position géographique (île fluviale, porte océane, voisine du désert etc) ayant été le théâtre d’autant d’événements marquants de la marche de l’humanité.
Ces éléments matériels et immatériels nous distinguent de toute autre ville, ils sont nos marqueurs identitaires qui ont déterminé nos modes de vie.
Question : Pourquoi cette mobilisation des professionnels du tourisme autour du festival de jazz de Saint-Louis ? Etes-vous membre de l’association ST-Louis Jazz ?
Alboury Ndiaye :
Je dois vous préciser que je ne suis pas membre de l’association Saint-Louis Jazz, je suis co- initiateur de cet événement avec la directrice du centre culturel français en ma qualité à l’époque de Président du Syndicat d’Initiative de Saint-Louis.
Cet événement a grandi trop vite et a failli être victime de son succès précoce, il fallait lui tailler de nouveaux  habits avant qu’il n’évolue dans un corset, c’est la raison du rappel de tous ceux qui sont dépositaires d’une expertise et prêts à travailler de manière bénévole.
Notre motivation est donc double d’abord parce que l’événementiel occupe une place primordiale dans la construction permanente du tourisme moderne, ensuite l’animation est une exigence pour cette ville à vocation touristique.
Ensuite, Saint-Louis historiquement ville de rencontres, était formatée pour accueillir un festival de jazz  , cette musique qui a achevé son universalité parce que jouée, parlée et déclinée généreusement  dans toutes les langues.
C’est la raison de la mobilisation des professionnels du tourisme à côté des acteurs culturels pour promouvoir certains événements (Fanal, festival de danses, Régates, Luttes traditionnels etc.)
Question : Pourquoi le Syndicat d’Initiative n’a pas multiplié les événements ?
Alboury Ndiaye :
Il ne faut pas oublier qu’il a contribué à exhumer le Fanal, à soutenir le festival de rap RAPANDAR, à réaliser les premiers costumes d’époque et les calèches. 
Il a souvent fait du « porting » en attendant l’émergence d’une autre association qui pourrait  approfondir la démarche. Toutes ces associations ont été couvées par le syndicat d’initiative et de tourisme (ARCAS, Saint-Louis Jazz, FNOTSIS, etc)
Question : Y aurait-il une nouvelle association mobilisée sur le patrimoine ?
Alboury Ndiaye :
En effet l’association Ndart (Ndar’Art) qui regroupe des hommes et femmes à la compétence avérée  ayant l’ambition de revisiter les traditions vestimentaires afin de s’en inspirer dans le but d’aboutir à une production siglée « St-Louis ».L’objectif premier est d’aider de jeunes styles à asseoir une identité à leur création , cette démarche embrassera certainement des pans entiers de l’artisanat .
On ne saurait restaurer ces maisons de caractère sans s’interroger sur les modes- de-vie, les traditions d’élégance et les richesses culinaires.
Pour me résumer le patrimoine c’est tout solidaire où chaque élément  détermine en partie l’autre.
Question : Vous présidez également aux destinées de la FNOTSIS (Fédération Nationale des Offices de Tourisme et Syndicats d’Initiative du Sénégal)?
Alboury Ndiaye :
Ces Syndicats d’Initiatives sont des instruments de développement qui, bien structurés,  peuvent assurer avec bonheur certaines missions de service public. Il y a eu pendant des années un malentendu lié à leur appellation mais ils ont depuis lors, démontré ici et là leur efficacité car ils sont de plus en plus impliqués dans le processus de développement  du tourisme. Ils contribuent largement à donner une identité au tourisme de leur région d’implantation.
Certains maires tardent à saisir la nécessité de s’appuyer sur ces genres d’association d’abord pour améliorer l’éveil d’une conscience citoyenne  mais en plus pour bénéficier à moindre coût de ressources humaines de grande qualité.
Question : Comment se porte le tourisme de Saint-Louis et au Sénégal ?
Alboury Ndiaye :
Très nettement en dessous des potentialités dont recèle ce pays. Nous ne cessons de perdre chaque année d’importants parts de marché parce que les mesures devant contribuer à  l’évolution du secteur sont tout simplement ignorées ou males mises en œuvre. Les lois d’airain du marché mondial s’accommodent  mal à une certaine ambiance. Je disais il y a longtemps à un ministre du tourisme « de veiller à ce que l’informel ne s’installe jamais dans ce secteur car les dégâts seraient considérables et vous ne pourrez plus jamais l’en extirper ». Aujourd’hui le ver est dans le fruit et ce n’est malheureusement  pas le seul ver.